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Votre syndic gère votre immeuble, encaisse vos charges et convoque votre assemblée générale. Mais savez-vous précisément ce que la loi lui impose et ce que vous êtes en droit d’exiger de lui ?
Entre le syndicat des copropriétaires et le conseil syndical, son rôle prête souvent à confusion. Voici, en clair, ses missions, ses obligations et les responsabilités qu’il assume au quotidien.
En bref : le syndicat des copropriétaires décide, le conseil syndical contrôle et assiste, tandis que le syndic exécute les décisions et administre l’immeuble.
Le syndic de copropriété est le mandataire du syndicat des copropriétaires. Il ne se confond ni avec le syndicat, qui réunit l’ensemble des copropriétaires, ni avec le conseil syndical, chargé de contrôler sa gestion.
Trois acteurs se partagent ainsi la vie de la copropriété :
Concrètement, lors de l’assemblée générale, le syndicat vote, le conseil syndical prépare et vérifie, et le syndic exécute. Chacun son rôle.
En bref : toute copropriété doit disposer d’un syndic ; sans désignation, une assemblée générale ou l’intervention du juge doit permettre de rétablir rapidement sa gestion.
Selon l’article 17 de la loi du 10 juillet 1965, toute copropriété doit être dotée d’un syndic.
Quelle que soit sa taille, une copropriété ne peut pas fonctionner durablement sans syndic. En l’absence de syndic en fonction, la gestion courante est paralysée : hors procédure spéciale permettant d’en désigner un nouveau, personne ne signe les contrats au nom du syndicat ou ne gère les comptes de l’immeuble.
Si aucun syndic n’est désigné, tout copropriétaire peut convoquer une assemblée générale afin d’en nommer un. À défaut d’une telle convocation, tout intéressé peut saisir le président du tribunal judiciaire, qui désigne un administrateur provisoire chargé notamment de convoquer l’assemblée générale en vue de la désignation d’un syndic.
Pour aller plus loin, consultez notre guide consacré à la copropriété sans syndic.
En bref : la loi distingue principalement le syndic professionnel du syndic non professionnel. Le syndic bénévole et le syndicat coopératif relèvent de la gestion non professionnelle, tandis que le syndic en ligne reste un syndic professionnel dont l’organisation est digitalisée.
Le choix du mode de gestion dépend de la taille de l’immeuble, du budget disponible et du niveau d’implication des copropriétaires. Mais attention à une idée reçue : un syndic bénévole assume lui aussi les obligations attachées à la gestion de l’immeuble. En cas de faute de gestion, sa responsabilité peut être engagée.
Imaginez, par exemple, que l’éclairage d’un parking commun reste en panne malgré plusieurs signalements. Si une personne chute dans cette zone et qu’une faute de gestion du syndic est démontrée, sa responsabilité pourra être recherchée, qu’il soit professionnel ou non professionnel.
| Forme | Qui exerce ? | Rémunération | Garanties et assurances |
|---|---|---|---|
| Professionnel | Société ou personne titulaire d’une carte professionnelle portant la mention « Syndic de copropriété » | Oui, principalement au forfait, avec certaines prestations particulières facturables en supplément | Carte professionnelle portant la mention « Syndic de copropriété », responsabilité civile professionnelle et garantie financière obligatoires au titre de la loi Hoguet |
| Bénévole | Un copropriétaire de l’immeuble | Gratuite ou rémunérée selon la décision de l’assemblée générale, avec remboursement possible des frais engagés | Pas de garantie professionnelle obligatoire ; une assurance responsabilité civile est vivement conseillée |
| Coopératif | Un membre du conseil syndical, élu syndic par celui-ci et exerçant de plein droit la présidence du conseil syndical | Possible pour la mission de syndic, mais pas pour les fonctions exercées au conseil syndical | Une assurance responsabilité civile est conseillée |
| En ligne | Société professionnelle à gestion digitalisée | Oui, selon le contrat proposé, avec un forfait souvent inférieur à celui d’une gestion traditionnelle en agence | Carte professionnelle portant la mention « Syndic de copropriété », responsabilité civile professionnelle et garantie financière obligatoires |
Le syndic en ligne et le syndic coopératif ne doivent donc pas être confondus : le premier reste un syndic professionnel, tandis que le second repose sur l’implication directe du conseil syndical.
En bref : le syndic assure la gestion administrative et juridique, la conservation technique de l’immeuble ainsi que la gestion financière et comptable du syndicat.
L’article 18 de la loi du 10 juillet 1965 charge le syndic d’exécuter les décisions de l’assemblée générale, d’administrer l’immeuble et d’assurer sa gestion comptable au moyen d’un compte bancaire séparé ouvert au nom du syndicat.
Ses missions se répartissent en trois grandes familles, qui se croisent au quotidien :
L’obligation d’ouverture des comptes séparés est stricte : si le syndic ne respecte pas cette obligation dans les trois mois suivant sa désignation, son mandat devient nul de plein droit. Les actes qu’il a passés avec des tiers de bonne foi restent toutefois valables.
En principe, le mandat du syndic est confié pour une durée de trois ans maximum. Il peut être renouvelé par une décision expresse de l’assemblée générale, conformément à l’article 28 du décret n° 67-223 du 17 mars 1967.
En bref : une faute de gestion causant un préjudice peut engager la responsabilité civile du syndic ; certains faits, comme un détournement de fonds, relèvent de sa responsabilité pénale.
Le syndic de copropriété répond de sa gestion envers le syndicat des copropriétaires au titre de sa responsabilité contractuelle. Un copropriétaire ou un tiers peut également rechercher sa responsabilité extracontractuelle s’il démontre une faute personnelle du syndic, un préjudice et un lien de causalité. La Cour de cassation a ainsi retenu la responsabilité d’un syndic qui n’avait pas pris les mesures nécessaires face à des désordres d’étanchéité connus et urgents (Cass. 3e civ., 17 juin 2014, n° 12-24.827).
Pour la plupart de ses missions de gestion, le syndic est tenu à une obligation de moyens : il doit mettre en œuvre les diligences nécessaires pour administrer correctement l’immeuble, sans pouvoir garantir l’absence de tout incident. Certaines obligations légales précises s’imposent toutefois strictement à lui. Dès qu’un manquement cause un préjudice, sa responsabilité peut être engagée.
Prenons un cas courant : une infiltration est signalée, mais le syndic ne donne aucune suite et n’alerte pas les copropriétaires. Si l’eau finit par dégrader un appartement, il peut être tenu de réparer le préjudice causé par son inaction.
Parmi les fautes les plus souvent reprochées figurent :
Lorsqu’un dommage causé à un copropriétaire ou à un tiers trouve son origine dans les parties communes, la responsabilité du syndicat des copropriétaires est en principe engagée. La responsabilité personnelle du syndic peut toutefois être recherchée si une faute de sa part a contribué au dommage, par exemple s’il est resté inactif malgré un danger signalé. En cas de détournement de fonds, sa responsabilité pénale peut également être engagée. L’assurance responsabilité civile professionnelle couvre les conséquences de ses fautes de gestion, tandis que la garantie financière protège les fonds qu’il détient pour le compte des copropriétés.
En bref : en 2026, le syndic doit notamment inscrire à l’ordre du jour les modalités d’élaboration du projet de plan pluriannuel de travaux des copropriétés concernées et proposer un accès numérique sécurisé aux documents, sauf décision contraire de l’assemblée générale.
Depuis le 1er janvier 2025, le calendrier d’entrée en vigueur de l’article 14-2 de la loi du 10 juillet 1965 est achevé : toute copropriété à destination totale ou partielle d’habitation dont l’immeuble a plus de 15 ans doit faire élaborer un projet de plan pluriannuel de travaux, quel que soit son nombre de lots, sauf dispense prévue par la loi. Le syndic inscrit à l’ordre du jour de l’assemblée générale les modalités d’élaboration de ce projet.
Issu de la loi Climat et Résilience, le projet de plan pluriannuel de travaux, ou PPPT, planifie sur dix ans les travaux à prévoir sur les parties communes. Son calendrier d’entrée en vigueur est désormais achevé :
La dispense concerne une copropriété dont le diagnostic technique global ne révèle aucun besoin de travaux au cours des dix années suivant son élaboration. Après le vote des modalités d’élaboration et le choix du prestataire par l’assemblée générale, le syndic formalise la mission, puis présente le projet établi aux copropriétaires afin qu’ils se prononcent sur l’adoption éventuelle de tout ou partie du plan.
À cela s’ajoute la digitalisation. Le syndic professionnel doit proposer un espace en ligne sécurisé donnant accès aux documents dématérialisés de la copropriété, sauf décision contraire de l’assemblée générale prise à la majorité de l’article 25. Un syndic en ligne intègre nativement ces outils, là où le modèle traditionnel les a adoptés plus tard.
En bref : en cas de carence, les copropriétaires peuvent agir progressivement : rappel écrit, mise en demeure, résolution amiable, action en justice ou résiliation anticipée du contrat en assemblée générale.
Lorsque le syndic ne remplit pas ses obligations, plusieurs recours sont possibles. Avant d’agir, il faut toutefois vérifier que le manquement est bien caractérisé au regard de la loi et de son mandat.
La démarche peut ensuite être graduelle :
Les copropriétaires peuvent voter en assemblée générale la résiliation anticipée du contrat du syndic à la majorité absolue prévue par l’article 25 de la loi du 10 juillet 1965, à condition de pouvoir lui reprocher une inexécution suffisamment grave. Une résiliation injustifiée peut exposer le syndicat des copropriétaires à une demande d’indemnisation. Consultez également nos guides sur le recours contre un syndic qui ne fait rien et sur les étapes à suivre pour changer de syndic.
Bien connaître le rôle, les missions et les responsabilités du syndic, c’est aussi savoir ce que vous êtes en droit d’exiger du vôtre.
Chez Syndic One, vous bénéficiez d’un véritable syndic professionnel, d’un gestionnaire dédié et d’outils en ligne pour suivre plus simplement les comptes, les documents, les travaux et les actions menées dans votre copropriété.
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La loi du 10 juillet 1965 encadre le rôle du syndic. Son article 17 rend sa présence obligatoire et fixe les règles de sa désignation, tandis que son article 18 détaille ses missions et ses obligations.
C’est le conseil syndical, composé de copropriétaires élus, qui contrôle la gestion du syndic au nom du syndicat des copropriétaires. Il vérifie notamment les comptes, les contrats et le suivi des décisions votées.
En principe, non. Le syndic ne peut pas entrer librement dans un logement. Toutefois, lorsqu’un accès aux parties privatives est nécessaire pour réaliser des travaux régulièrement décidés par la copropriété, le copropriétaire doit le permettre après avoir été informé au moins huit jours avant le début des travaux, sauf impératif de sécurité ou de conservation des biens. En dehors de ces situations, l’accord de l’occupant ou une décision de justice est nécessaire.
En principe, la durée du mandat d’un syndic est de trois ans maximum. Il peut ensuite être renouvelé par une décision expresse de l’assemblée générale, conformément à l’article 28 du décret du 17 mars 1967.
Oui, les principales missions de gestion prévues par la loi du 10 juillet 1965 s’imposent aussi au syndic bénévole. En revanche, il n’est pas soumis aux mêmes obligations professionnelles (loi Hoguet) qu’un syndic titulaire d’une carte professionnelle. Une assurance responsabilité civile reste vivement conseillée.

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