arrow_back
Un appel de charges qui affiche 95/1 000, un vote en assemblée qui se compte en voix et non en têtes, un géomètre qui parle de valeur relative : le copropriétaire croise les tantièmes partout sans toujours savoir ce qu’ils recouvrent. Voici leur définition, leur rôle, leur calcul, et où les retrouver dans vos documents.
En bref : les tantièmes mesurent la part des parties communes attachée à un lot. Cette quote-part s’exprime le plus souvent sur une base de 1 000.
Les tantièmes expriment la quote-part des parties communes attachée à chaque lot. L’article 5 de la loi du 10 juillet 1965 prévoit que, dans le silence ou la contradiction des titres, cette quote-part est proportionnelle à la valeur relative de la partie privative, appréciée d’après la consistance, la superficie et la situation du lot, sans égard à son utilisation.
Beaucoup de copropriétaires pensent n’avoir acheté qu’un logement. Ils ont en réalité acquis deux éléments indissociables :
Trois mots reviennent souvent et se confondent facilement :
Prenons un exemple. Si votre état descriptif de division attribue à votre lot 95/1 000, vous détenez 95 tantièmes sur 1 000, soit 9,5 % des parties communes concernées. Sur la même base, un garage doté de 10/1 000 représente 1 %.
Une distinction est essentielle : les tantièmes de copropriété représentent la quote-part de parties communes et déterminent en principe le nombre de voix en assemblée générale, tandis que les clés de répartition des charges fixent la contribution de chaque lot aux différentes catégories de dépenses.
Les charges générales sont réparties selon la valeur relative des parties privatives, conformément à l’article 10 de la loi de 1965 ; dans beaucoup d’immeubles, la clé correspond aux tantièmes généraux, mais ce n’est pas une règle absolue. Les services collectifs et équipements communs suivent, eux, une répartition fondée sur l’utilité objective pour chaque lot.
En bref : les tantièmes fixent le poids du vote en assemblée générale. Pour les charges, il faut toujours vérifier la clé de répartition applicable à la dépense concernée.
En copropriété, une voix ne vaut pas nécessairement une voix. Un copropriétaire qui détient 200/1 000 pèse, en principe, quatre fois plus qu’un copropriétaire à 50/1 000 lors d’un vote. Pour une dépense répartie selon cette même clé, sa contribution est également quatre fois plus élevée.
Pour une dépense de 9 000 € répartie selon une clé de 1 000 tantièmes, un lot détenant 200/1 000 règle 1 800 €. Un lot à 50/1 000 règle 450 €. La formule est simple : montant × tantièmes du lot / total des tantièmes de la clé.
Toutes les charges ne suivent cependant pas la même répartition. Les dépenses relatives aux services collectifs et aux équipements communs sont réparties selon l’utilité objective qu’ils présentent pour chaque lot. C’est notamment le cas de certaines charges d’ascenseur. Avant tout calcul, il faut donc repérer la clé mentionnée dans le règlement de copropriété ou l’état de répartition des charges.
Le nombre de voix de chaque copropriétaire correspond à sa quote-part dans les parties communes. Un lot de 200/1 000 représente donc, en principe, 20 % des voix. Une limite existe toutefois lorsqu’un copropriétaire détient plus de la moitié des tantièmes : ses voix sont alors réduites à la somme des voix des autres copropriétaires.
La majorité nécessaire dépend ensuite de la décision soumise au vote, comme l’explique notre guide sur les règles de majorité en assemblée générale.
En bref : les tantièmes ne sont pas déterminés d’après la seule surface. Ils traduisent la valeur relative des lots selon leur consistance, leur superficie et leur situation.
Contrairement à une idée répandue, les tantièmes ne se calculent pas uniquement au mètre carré. La superficie est un critère important, mais elle doit être appréciée avec les autres éléments prévus par l’article 5 de la loi du 10 juillet 1965.
Ce n’est pas le syndic qui décide seul des tantièmes. Lors de la mise en copropriété ou d’une modification de l’état descriptif de division, leur détermination est généralement confiée à un géomètre-expert, en lien avec le notaire chargé de l’acte. L’évaluation repose notamment sur :
Un balcon, une terrasse ou un jardin privatif peut influencer la valeur relative du lot selon son statut et les caractéristiques retenues, mais il ne constitue pas un quatrième critère légal autonome. De même, le calcul doit être réalisé sans égard à l’utilisation effective du lot : le fait qu’un appartement soit occupé, loué ou vide ne modifie pas, à lui seul, ses tantièmes.
Les valeurs relatives sont ensuite converties sur une base adaptée à l’immeuble, souvent 1 000 ou 10 000.
Prenons un exemple volontairement simplifié avec deux appartements de 120 m² et 60 m². Si seule la surface était retenue, le premier représenterait 120/180 × 1 000, soit environ 667/1 000, et le second 333/1 000. En pratique, la consistance et la situation de chaque lot peuvent modifier cette répartition.
Voici à quoi peut ressembler le tableau récapitulatif d’un état descriptif de division :
| Lot | Nature | Étage | Tantièmes (sur 1 000) |
|---|---|---|---|
| 1 | Appartement | R+1 | 50 |
| 2 | Appartement | R+2 | 300 |
| 3 | Appartement | R+3 | 236 |
| 4 | Appartement | R+4 | 403 |
| 5 | Cave | RDC | 4 |
| 6 | Cave | RDC | 7 |
| Total | 1 000 | ||
En bref : vos tantièmes figurent dans l’état descriptif de division, qui peut être intégré au règlement de copropriété, lui être annexé ou être établi dans un acte séparé.
Bonne nouvelle : vous n’avez normalement rien à recalculer pour connaître la quote-part attachée à votre lot. Elle est déjà inscrite dans les documents publiés de la copropriété, encore faut-il savoir où la chercher.
Vous la trouvez d’abord dans l’état descriptif de division. Les articles 71-1 à 71-5 du décret du 14 octobre 1955 encadrent l’identification des lots et le tableau récapitulatif, qui comporte notamment la quote-part des parties communes. L’état descriptif de division peut être contenu dans le règlement de copropriété, lui être annexé ou faire l’objet d’un acte distinct.
La désignation du lot et sa quote-part sont également reprises dans l’acte de vente. Selon les documents mis à disposition, vous pouvez aussi les retrouver dans l’espace en ligne de votre copropriété ou en demander une copie au notaire ou au service de la publicité foncière.
Concrètement, pour vérifier votre quote-part de charges, repérez la clé concernée, appliquez la formule montant × vos tantièmes / total de la clé, puis comparez le résultat au montant inscrit sur votre décompte. Pour 250/10 000 sur un budget de 8 000 €, la part attendue est de 8 000 × 250 / 10 000, soit 200 €. En cas d’écart, demandez le détail au syndic ou consultez notre guide pour lire un appel de charges.
En bref : il faut distinguer la quote-part de parties communes attachée au lot et la répartition des charges. L’article 11 impose en principe l’unanimité pour modifier les charges, avec plusieurs exceptions encadrées.
Dans le langage courant, on parle souvent de « modifier les tantièmes ». Juridiquement, il faut distinguer la modification des quotes-parts de parties communes, qui touche à la consistance juridique des lots et nécessite un acte modificatif publié, de la modification de la répartition des charges, régie notamment par les articles 11 et 12 de la loi du 10 juillet 1965.
Le principe applicable aux charges est l’unanimité : leur répartition ne peut en principe être modifiée qu’avec l’accord de tous les copropriétaires. Toutefois, lorsque des travaux ou des actes d’acquisition ou de disposition sont décidés par l’assemblée générale, la modification des charges rendue nécessaire peut être votée à la même majorité que l’opération. En cas de vente séparée de fractions d’un lot, la répartition entre ces fractions peut aussi être approuvée à la majorité de l’article 24 lorsqu’elle n’est pas déjà fixée par le règlement.
Les principales règles de vote rencontrées en assemblée générale sont :
La majorité réellement applicable dépend de l’opération envisagée et ne peut pas être choisie librement. Pour le détail, consultez notre article sur les règles de majorité en assemblée générale.
Une action judiciaire en révision de la répartition des charges est également possible lorsque, dans une catégorie de charges, la part d’un lot est supérieure de plus d’un quart, ou celle d’un autre lot inférieure de plus d’un quart, à celle qui résulterait d’une répartition conforme à l’article 10. L’action doit être engagée dans les cinq ans suivant la publication du règlement de copropriété ou, pour le propriétaire du lot concerné, dans les deux ans suivant la première mutation à titre onéreux de ce lot intervenue depuis cette publication.
Le tantième exprime une fraction des parties communes. Le millième est cette fraction rapportée à une base de 1 000. Ainsi, 95/1 000 correspondent à 9,5 %.
Divisez vos tantièmes par le total de la clé, puis multipliez par 100. Par exemple : 250 / 10 000 × 100 = 2,5 %.
Tout dépend de la base utilisée : 100/1 000 représentent 10 %, tandis que 100/10 000 représentent 1 %.
Lors de la création de la copropriété, leur détermination est généralement confiée à un géomètre-expert, qui évalue la valeur relative des lots.
La prise en compte d’une terrasse dépend de son statut. Si elle est privative, elle peut être intégrée à la valeur du lot avec une pondération. Si elle est commune à jouissance privative, son traitement dépend du règlement de copropriété.
Repérez la clé concernée, puis appliquez la formule : montant × tantièmes du lot / total de la clé. Comparez le résultat avec l’appel de charges.
En bref : repérez la quote-part attachée à votre lot, puis vérifiez toujours la clé de répartition utilisée avant de contrôler vos charges.
Vos tantièmes ne sont pas qu’une ligne technique dans les documents de la copropriété. Ils représentent votre part de parties communes et le poids de votre voix dans les décisions de l’immeuble. Pour les dépenses, le bon réflexe consiste à identifier la catégorie de charges et la clé appliquée, puis à vérifier le calcul avec la formule.
En cas de doute sur le calcul, la clé utilisée ou la conformité du règlement de copropriété, demandez les justificatifs au syndic et, si nécessaire, sollicitez un professionnel du droit.
Syndic One vous aide à comprendre vos tantièmes, suivre vos appels de charges et consulter le budget de la copropriété depuis votre espace client.

Faites votre demande de devis
Des décisions facilitées tout au long de l’année !*
Un vrai syndic professionnel et responsable !
Réglez facilement les factures de votre immeuble !