Un sondage Ipsos publié en début d’année révélait que près de huit Français sur dix jugent nécessaire l’installation d’un ascenseur pour les immeubles de moins de 4 étages. Entre phobie et confort, quel rapport entretiennent les résidents d’une copropriété avec l’ascenseur ? Avantages, inconvénients et contraintes, mais aussi démarches à effectuer pour installer un ascenseur dans son immeuble : on vous dit tout.

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L’ascenseur, troisième équipement le plus sollicité par les Français

Grâce à un projet de décret rendu public début 2019 par des associations de personnes handicapées, l’installation d’un ascenseur au sein des immeubles neufs d’au moins trois étages est devenue obligatoire. À compter du 1er octobre 2019, tous les immeubles concernés devront ainsi être équipés d’un ascenseur. Ce projet vient ainsi rassurer les associations de personnes handicapées, et notamment le Conseil National Consultatif des Personnes Handicapée (CNCPH), qui avait approuvé ce texte à l’unanimité. Le gouvernement a également retiré la clause qui spécifiait que les immeubles de moins de 12 appartements ne seraient pas concernés par cette obligation.
Un récent sondage Ipsos, publié début 2019 et pour la Fédération française des ascenseurs, révèle ainsi une opinion quasi-unanime des Français à ce sujet : en effet, 79 % d’entre eux jugent qu’un ascenseur est nécessaire pour tous les immeubles de moins de quatre étages, contre 70 % en 2016. Le sondage révèle également que 43 % des sondés pensent « qu’un ascenseur n’est nécessaire qu’à partir du troisième étage », contre 21 % dès le deuxième étage, et 7 % dès le premier étage.
Par ailleurs, une écrasante majorité des sondés (87 %) juge l’installation d’un ascenseur comme étant « essentielle » pour tous les futurs bâtiments de moins de quatre étages. 58% d’entre-eux ont par ailleurs favorisé un logement équipé d’un ascenseur dans le cadre du choix de leur logement, en 2019.

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L’ascenseur dans le quotidien des Français

En dépit de l’ascensumophobie – la phobie des ascenseurs, son usage fait partie du quotidien d’une bonne partie de la population avec plus de cent millions de trajets en ascenseur effectués en France chaque jour. On en trouve dans les immeubles d’habitation, sur son lieu de travail, ou encore dans les centres commerciaux. On constate qu’il est utilisé par 69 % des sondés pour déplacer des charges occasionnelles, 62 % pour des charges « quotidiennes », 58% pour se déplacer avec des personnes âgées, 49 % avec des enfants en bas âge et 41% suite « à un accident de la vie ».
En termes de services souhaités spécifiquement pour leurs ascenseurs, 41 % des Français aimeraient une « musique d’ambiance », 36 % apprécieraient des « informations générales » sur un écran (météo, informations, trafic), et 34 % d’entre eux aimeraient avoir un « système de commande vocal ».
En toute logique, l’espace public est lui aussi concerné. 66 % des sondés souhaiteraient voir leur centre sportif équipé d’un ascenseur, 62% leurs écoles et universités, 57 % leurs administrations et 53 % leurs transports en commun. À l’inverse, les sondés estiment que les aéroports sont bien équipés (79 %), tout comme les immeubles de bureaux (74 %) et les centres commerciaux (69 %).

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Installation d’un ascenseur : avantages et inconvénients

En 2016 étaient recensés plus de 550 000 ascenseurs en France (contre 400 000 en 2010). Malgré une urbanisation importante (80 % de Français habitent en ville), cela ne représente qu’environ 8 ascenseurs pour 1000 habitants, contre 22 pour l’Espagne. Les besoins en accessibilité et en confort ne cessant d’augmenter, ces chiffres subissent néanmoins une forte hausse d’année en année. L’ascenseur devient ainsi un élément quasi-indispensable pour la construction d’immeubles futurs et un avantage conséquent pour tout investissement immobilier.
L’installation d’un ascenseur au sein d’une copropriété est intéressante sur de nombreux points, mais l’aspect financier n’est pas à négliger. L’installation d’un ascenseur implique une bien meilleure accessibilité au sein de l’immeuble et ce surtout pour les personnes à mobilité réduite, bien que ce soit aussi très commode pour le transport de charges lourdes les jours de déménagement. Mais outre l’avantage évident qu’il implique sur la rapidité et la facilité de nos déplacements, ce dernier a également un impact significatif sur la valeur immobilière (et l’attractivité, si l’on se réfère au sondage Ipsos). En effet, plus un bien est haut dans l’immeuble, plus sa valeur foncière augmente, et ce parfois jusqu’à plus de 20 %. On estime également une augmentation de la valeur foncière d’environ 15 % lorsqu’un ascenseur est installé.
Pratique, mais coûteux : le budget total d’une telle installation d’un ascenseur reste la principale source d’inconvénients pour toutes les copropriétés. Avant toute prise de décision, c’est donc en toute logique la question du « retour sur investissement » qui devra être posée en assemblée générale par l’ensemble des copropriétaires.

Quelles démarches pour installer un ascenseur dans son immeuble ?

L’installation d’un ascenseur est maintenant rendue obligatoire pour tous les bâtiments neufs de plus de trois étages par le Code de la Construction et de l’Habitation. Cette prise de décision passant néanmoins par de nombreuses étapes, voici point par point la liste de toutes les démarches à effectuer et informations nécessaires afin d’installer un ascenseur au sein de votre copropriété.

1. L’emplacement
Il faut avant tout choisir un emplacement pour l’ascenseur. Deux solutions sont possibles :
À l’intérieur (cage d’escalier) : il faudra alors savoir si le vide de l’escalier est assez large. Si les marches dépassent, il est possible de les découper, en respectant une largeur minimum de 80 centimètres.
À l’extérieur (si ce n’est pas possible par la cage d’escalier) : il faudra alors envisager la pose d’un pylône. Néanmoins, l’obtention d’un permis de construire sera nécessaire. Il est également interdit de condamner des fenêtres.

2. Le vote en assemblée générale
Pour engager les travaux, la décision doit être votée par tous les copropriétaires de l’immeuble et lors d’une assemblée générale. Le vote doit obligatoirement être à la double majorité, car en plus du coût conséquent que l’installation d’un ascenseur engendrera, ce sont également des travaux dit « d’amélioration ». Ainsi, le vote sera voté par la majorité des copropriétaires (présents ou non) qui représentent (au moins) les deux tiers des voix.
Lors de l’AG de copro et si l’installation d’un éventuel ascenseur est confirmée, certaines résolutions annexes devront néanmoins être votées :
• choisir un installateur ;
• prévoir et voter le coût total de l’installation ;
• choisir le prestataire en charge de l’entretien ;
• voter le coût prévu des charges de maintenance ;
• voter la répartition des frais d’installation et des futures charges sous forme de grilles de répartition ;
• choisir un financement.

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3. Le financement et le paiement des travaux
Lors du vote, l’assemblée générale de copropriété devra procéder à un appel de fonds et fixer les dates d’exigibilité. À chaque échéance de paiement, le syndic a l’obligation de transmettre un courrier contenant le montant dû et le montant de la dépense globale à tous les copropriétaires.

4. Les coûts à l’installation d’un ascenseur
L’achat et l’installation d’un ascenseur est élevé et les coûts seront à prendre en compte lors du vote en assemblée générale des copropriétaires. Si l’immeuble est ancien, il faudra avant tout prendre en compte le coût non négligeable relatif à la rénovation et à la préparation de l’installation, entre menuiserie, maçonnerie, peinture et électricité. Dans le cadre d’une rénovation de cage d’escalier, le coût estimé se situe entre 100 000 et 150 000 €, en fonction de la configuration de l’immeuble. Et dans le cadre d’une installation à l’extérieur, le coût peut doubler, allant de 200 000 à 300 000 €.
Les options choisies pour l’ascenseur feront, elles aussi, varier le prix total. Habillage (bois stratifié ou sol marbré), affichage digital ou boutons physiques… Le prix variera entre 2 500 et plus de 7 000 €. L’option d’une pose d’un variateur de fréquence, qui permet une réduction énergétique d’environ 65 %, est estimée à 6 000 € en moyenne.
Avec une fourchette de prix oscillant de 30 000 à 90 000 €, le coût total varie également en fonction du nombre d’étages, de l’état du bâtiment, de la facilité d’accès ou encore, de la région.
On estime le prix d’un ascenseur à gaine à 20 000 € pour un immeuble à deux étages (avec 4 000 € de plus par étage). Pour un ascenseur hydraulique, il faudra compter environ 22 000 € (et 4 500 € de plus par étage). Le coût d’une cabine « simple » est en moyenne de 5 000 €, à plus de 25 000 € pour du haut standing.

Un ascenseur, c’est aussi un coût à l’usage

Des charges communes sont également à prévoir après la mise en service d’un ascenseur. Selon la Fédération Française des ascenseurs, un ascenseur connaît en moyenne trois pannes techniques par an. Normalisés depuis 2012, les contrats de maintenance comprennent neuf contrôles visuels et deux contrôles techniques annuels (comprenant le dépannage, le déblocage de personnes, 10 ans de garantie pour l’électronique, 20 ans pour l’électromécanique, 30 ans pour les pièces moteur). Ce coût d’entretien fluctue entre 1 400 et 3 000 € par an, et représente en moyenne 7 à 12 % du montant des charges (en fonction de la copropriété). Des options sont possibles, comme l’intervention en une heure par une équipe technique les jours ouvrés (150 à 450 € annuels), ou bien téléphonique (150 € annuels). Attention également à bien veiller à la qualité du contrat d’entretien.
Les frais de maintenance et de fonctionnement varient en fonction du type d’ascenseur et du prestataire sélectionné, mais pas que. Ils sont aussi répartis par coefficient, et en fonction de « l’utilité estimée » pour chaque copropriétaire de l’immeuble. Par exemple, un copropriétaire installé en rez-de-chaussée n’aura pas, en principe, à contribuer pour les charges relatives à la maintenance. À l’inverse, tout copropriétaire exerçant une profession libérale au sein de l’immeuble devra être soumis à un coefficient plus élevé.

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