La question de la sécurité est une problématique essentielle de la vie en copropriété, qu’il s’agisse d’un immeuble en plein centre-ville ou bien davantage en périphérie, ou dans des communes de taille moyenne. La sécurité d’une copropriété touche à plusieurs éléments distincts, avec le problème de l’accès à l’immeuble, celui de la sécurisation des parties communes, mais également des parties privatives. Chacun de ces enjeux doit être appréhendé avec les contraintes d’une copropriété.

sécurité en copropriété
sécurité en copropriété

Sécuriser l’accès à la copropriété

Le premier aspect de la sécurité d’une copropriété concerne logiquement l’extérieur de l’immeuble ou de la résidence, avec la question de l’accès. Une multitude de systèmes et de technologies sont aujourd’hui à disposition lorsqu’il s’agit de sécuriser cet accès, et le choix dépendra, en plus du budget défini, du type de porte et du degré de sécurisation souhaité.
L’objectif de ce type de systèmes est logiquement d’empêcher toute entrée de personnes non autorisées, afin d’éviter les vols ou le vandalisme, mais également de se prémunir d’intrusions abusives. Il faut toutefois permettre une entrée facile et rapide des habitants de la copropriété, ainsi que des éventuels professionnels qui y exercent, ainsi que des services de secours.

Interphone, vidéophone et système Vigik

L’une des premières solutions est l’interphone, qui depuis plusieurs années s’est transformé en visiophone ou vidéophone. Son utilité première est de permettre une bonne communication entre une personne souhaitant entrer et un occupant de la copropriété, mais il permet en fait de garantir une sécurité, en connaissant l’identité de la personne. Cette sécurisation s’est accrue avec l’apparition de la fonction vidéo sur ce type de système, qui permet d’identifier clairement la personne souhaitant entrer. Ainsi, le vidéophone ou visiophone est un système particulièrement dissuasif pour les personnes mal intentionnées, qui peuvent difficilement pénétrer au sein de la copropriété dans dévoiler leur identité.
La question de la porte peut aussi avoir son importance à ce niveau, en renforçant la sécurité d’un interphone ou d’un visiophone. En effet, entre les différentes possibilités de serrures et d’huisseries, et notamment les serrures électriques, des systèmes offrent davantage de résistance et donc de sécurité à une résidence ou un immeuble. Dernièrement, les serrures électromagnétiques par ventouses se développent, avec une capacité de résistance encore plus forte que les serrures électriques.
Il faut toutefois noter que l’interphone ou le visiophone tendent à être positionnés en seconde position, généralement après que la première porte ait été franchie. Dans ce cas, la première porte devra être sécurisée par un digicode sans interphone, ou encore par le système Vigik, qui permet d’ouvrir la porte en l’activant grâce à un badge. Le dispositif Vigik, qui a été développé par La Poste, est ainsi souvent associé à un digicode ou un interphone, et permet une première identification et éventuellement une première dissuasion.

Sécurité et vote en AG

En copropriété, le choix du système de sécurisation de l’accès devra se faire par une inscription à l’ordre du jour à l’assemblée générale des copropriétaires, puis par un vote. Plusieurs devis devront préalablement avoir été obtenus sur le système choisi, ou alors pour l’installation de différents systèmes, ce qui permet une meilleure comparaison. En plus du degré de sécurité offert par les dispositifs possibles, le prix aura un impact important pour le choix des copropriétaires, avec des sommes parfois importantes, variant du simple au quintuple entre un digicode basique et une vidéophone avec Vigik. Ce coût s’ajoutera ainsi à celui nécessaire pour sécuriser les parties communes de l’immeuble ou de la résidence.

Comment assurer la sécurité dans les parties communes d’une copropriété ?

En dehors de la question de l’accès sécurisé à une copropriété, se pose la problématique de la sécurisation des parties communes, qui peut comprendre le hall d’entrée, le local à vélos ou poussettes, le jardin, mais aussi les ascenseurs et les parkings. Il arrive que l’une de ces parties communes, comme le parking, soit l’un des points faibles de l’accès sécurisé à une résidence, et qu’il faille ainsi trouver un moyen de le rendre plus sûr.
Les différentes solutions énoncées auparavant, pour la sécurisation de l’accès à la copropriété, peuvent être réutilisées dans la sécurisation des parties communes, comme un vidéophone ou un interphone placé en seconde position, après l’entrée par badge Vigik par exemple. Il arrive que ce type de dispositif soit utilisé également pour actionner l’entrée dans un local à poussettes, ou vers la cave d’une copropriété.

La plus-value du gardien d’immeuble

Les variantes de l’interphone classique, utilisées pour protéger l’accès aux parties communes, sont parfois encore plus développées, avec l’arrivée des interphones GSM, qui appellent directement sur le téléphone d’un résident fixe ou mobile, renforçant encore et facilitant l’identification. En plus de ces systèmes assez couramment utilisés, figure la possibilité de choisir un gardien pour l’immeuble, qui permet de garantir une certaine sérénité vis-à-vis des parties communes de la copropriété, cependant ce poste tend à disparaître progressivement. En effet, le coût d’un gardien, qui s’occupe de l’entretien, peut être lourd pour la copropriété, avec des dispositions assez avantageuses comme un 13e mois ou une prime d’ancienneté progressive.

Vidéosurveillance, l’arme fatale ?

C’est pourquoi de plus en plus de copropriété choisissent de sécuriser les parties communes par l’installation de la vidéosurveillance, qui permet à la fois de dissuader et d’identifier des personnes mal intentionnées. L’avantage est de pouvoir installer les caméras à différents points stratégiques des parties communes, comme les ascenseurs, les parkings, le hall d’entrée ou encore le local à vélos.
De plus, les frais sont somme toute assez limités en comparaison à d’autres systèmes, avec un prix allant de 100 à 500 euros par caméra en moyenne, hors installation.
Néanmoins, la vidéosurveillance comporte plusieurs contraintes, notamment en matière de placement, avec l’interdiction de filmer les portes d’entrée des occupants de la copropriété, en matière d’accès aux images, qui doit être accordé à seulement quelques occupants, et surtout en termes de formalités. Il est en effet nécessaire d’obtenir des autorisations de la préfecture et de la CNIL.
Tout comme les dispositifs de digicode, l’installation de la vidéosurveillance doit être soumise à un vote en assemblée générale, avec une double majorité qualifiée, et avec plus de 50% des copropriétaires inscrits sur la feuille de présence. Les copropriétaires habilités à visionner les images filmées sont également choisis en AG de copro, tout comme le prestataire pour l’installation, suite à la présentation de plusieurs devis.

Sécuriser les parties privatives

Le dernier aspect touchant à la sécurisation d’une copropriété concerne directement les parties privatives, qui nécessitent elles-aussi une protection adaptée. Ici, étant donné que la vidéosurveillance n’a pas la possibilité d’agir, et que la personne mal intentionnée a déjà pénétré l’enceinte de la copropriété, l’unique solution restante pour sécuriser les parties privatives concerne la porte d’entrée.

La porte blindée, gage de sûreté

Le choix d’une porte blindée de haute résistance est la meilleure des solutions pour dissuader ou éventuellement ralentir des cambrioleurs. Plusieurs options sont possibles en ce sens :

  • le blindage d’une porte déjà existante par un revêtement en acier ;
  • l’installation d’un simple encadrement métallique ;
  • la mise en place d’un bloc porte pour un maximum de sécurité.

Entre une porte blindée simple et un bloc porte blindé, le prix pourra aller de 750 à 6000 euros, selon le degré de sécurisation choisi, par exemple avec une serrure renforcée. Il faut savoir que 80% des cambrioleurs choisissent de passer par la porte d’entrée, ce qui peut expliquer l’intérêt d’installer une porte blindée pour les parties privatives !

Une porte en cohérence avec l’aspect de l’immeuble

Le blindage d’une porte n’est pas forcément restreint à la porte d’entrée de l’habitation, mais peut être aussi utilisé pour une cave ou un garage. Étant donné que la porte d’entrée d’une habitation fait partie des parties communes, plus précisément sa face extérieure, il sera nécessaire pour son installation d’en informer les autres copropriétaires et d’obtenir leur accord. Il s’agit donc de demander une autorisation préalable au remplacement d’une porte en assemblée générale, et de veiller ensuite à ce que le modèle prévu respecte bien les critères définis au sein du règlement de copropriété. En effet, il faut que le type de porte, avec son aspect extérieur et sa couleur, corresponde bien aux exigences de la copropriété, et il faudra alors trouver un modèle identique visuellement, car le syndic pourrait éventuellement demander la désinstallation de la porte dans le cas contraire.
Il arrive que la copropriété dans son ensemble vote le blindage des portes d’entrée, ce qui facilite alors cette question, les différents copropriétaires ayant choisi par vote le modèle à installer. Dans le cas d’un projet individuel, l’une des possibilités est de demander l’installation d’un modèle sur-mesure dans son apparence, malgré un prix plus élevé, pour éviter des problèmes avec la copropriété.
Le coût de l’installation d’une porte blindée n’étant pas anodin, il sera donc conseillé de mesurer l’intérêt d’un tel projet, en prenant en compte le risque potentiel de cambriolage ou les éventuels antécédents de cambriolage dans la copropriété, ainsi que les dispositifs déjà mis en place concernant l’accès, par digicode ou Vigik, et concernant les parties communes, avec éventuellement un système de vidéosurveillance.

Reader Interactions